H’Nord, Boboyaka et La Traverse demandent aux futurs députés de tout mettre en œuvre pour modifier la loi afin d’aider les coopératives d’habitants à voir le jour car elles représentent « un levier pour faire face aux crises climatique et sociale actuelles ».

Parce que l’entre-deux-tours est une période charnière, les coopératives d’habitants que sont H’Nord, Boboyaka et La Traverse, souhaitent que les futurs députés prennent conscience que leurs projets peuvent aider à répondre aux crises climatique et sociale actuelles. « Il faut encadrer les coopératives d’habitants pour les encourager. » Car, d’après les fondateurs de ces trois structures, la loi actuelle n’est pas suffisante et les lourdeurs administratives entravent la bonne réalisation de ces projets d’intérêt général.

« Les habitats coopératifs réunissent des personnes souhaitant vivre de façon intergénérationnelle et écologique. Ils doivent se généraliser, d’autant plus qu’ils per- mettent une inclusion sociale en proposant des lieux de vie abordables même en centre-ville », indiquent les concernés, sans oublier de mentionner l’entraide présente dans ces habitats. Une solution de plus dans cette société qui tend à l’individualisme.

Une course de haies

H’Nord et Boboyaka ont réalisé de véritables parcours du combattant depuis plusieurs années pour que leurs lieux de vie voient le jour. Des projets qui auraient pourtant été lauréats lors d’appels à manifestation d’intérêt.

« Les habitats coopératifs réunissent des personnes souhaitant vivre de façon intergénérationnelle et écologique ».

H’Nord a obtenu un permis de construire en 2017 mais « nous n’avons toujours pas déposé la première pierre. Pour réaliser la construction, nous avions besoin que la Métropole trace une voie. Ça a été fait mais elle est encore en impasse, ce qui augmente les coûts de construction ». De plus, sur conseil du Haut conseil de stabilité financière, leur banque ne veut plus prêter sur quarante ans, mais sur vingt-cinq ans. Les difficultés rencontrées sont similaires pour Boboyaka.

« C’est une véritable course de haies ». Et, plus la course s’allonge dans le temps, plus les obstacles se multiplient : le Plan local d’urbanisme qui change, la guerre en Ukraine qui augmente les coûts de construction, l’inflation des taux d’intérêt… La patience finit par manquer et risque de décourager la création d’habitats coopératifs.

Par Clémence Drotz

Publié le 18 juin 2022